07.11.2011
Discussion entre Solotourne et un défenseur de l'école républicaine
Au cours de cette année 2011, j'ai eu l'occasion d'échanger quelques courriers avec un défenseur radical de l'école républicaine. Nous sommes tous les deux pour que l'instruction des enfants soit la meilleure possible pour former des citoyens plutôt que des consommateurs ou des producteurs, c'est à dire pour une école qui apporte une instruction, des savoirs, et qui apporte le meilleur concours possible à la formation du jugement, de l'esprit critique, de la rationalité des élèves. Mais nous divergeons quant aux moyens. Lui se tient éloigné de ceux qu'il nomme les pédagogistes et moi je propose, non pas la tyranie de la pédagogie, mais une pédagogie active mobilisant au mieux l'énergie des élèves et faisant une plus belle part à leur écoute comme principe de réalité. La confiance en soi est indispensable pour apprendre, on ne peut se fier à l'intelligence du voisin. Bien que nous ayons eu les plus grandes difficultés à sortir d'un dialogue de sourds, nous avons toutefois évité l'écueil de l'invective, et cette discussion sincère me semble donc mériter d'être publiée, parce qu'elle présente deux visions de l'école républicaine et des élèves.
Les interventions de Ecole Républicaine sont notés ER et sont en noir, les interventions de Solotourne sont en italique et en bleu
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23.05.2011
Les valeureux Hussards Noirs et la sociocratie
Du centralisme jacobin à la délégation de pouvoir
Publié sur le forum de Philippe Meirieu
Contre vents et marées, contre la société de l'époque, les Hussards Noirs soutenus par les institutions ont érigé une Muraille de Chine entre la société et l'école afin que l'héritier soit remplacé par le citoyen rompu à l'exercice de la raison et assez érudit pour faire ses propres choix sans être influencé ni par son rang, censé ne plus exister, ni par l'église. Ce choix courageux et raisonné est parfaitement bien argumenté par les cinq mémoires sur l'instruction publique de Condorcet (1791) qui est sans doute un des meilleurs penseurs de l'instruction de l'époque et dont beaucoup d'arguments demeurent valides aujourd'hui. (Pour les pressés, son discours, en 2 pages sur l'instruction, présenté à l'assemblée législative en avril 1792).
On peut facilement comprendre qu'à l'époque, l'école ait eu à lutter contre des forces contraires considérables et qu'elle ne serait pas parvenue à s'imposer sans cette poigne de fer. Toutefois, cette sanctuarisation virile de l'école au service du citoyen et donc de la république, a eu comme inévitable effet d'ériger l'autorité de l'école et de ses maîtres, en aveuglement, en surdité et en obstination. Tout d'abord, la porosité entre l'école et la société n'est pas nulle quoi qu'on décide, et le mieux est d'en tenir compte et de la gérer plutôt que de l'ignorer. Ensuite, l'héritage social n'est pas mort à la révolution malgré tous les espoirs et les efforts qu'on a mis sur l'école. Le livre de Bourdieu "Les héritiers" atteste de cette persistance sociale. Enfin, l'école est demeurée sourde au rôle de l'écoute en éducation et en instruction, tantôt en s'abritant derrière une confusion entre écouter et obéir, refusant d'écouter sous prétexte de refuser d'obéir, tantôt en revendiquant l'impossibilité matérielle à prendre en compte chaque individualité.
D'autre part, le progrès qui sous-tend toute l'architecture de l'autorité de l'école, qui fonde la société du progrès et de la raison s'étiole sous nos yeux. Toutefois, nous y croyons encore un peu, bien que nous ne soyons plus tout à fait certains que nos efforts d'aujourd'hui apporteront une vie meilleure à nos enfants. Saurons-nous marier l'écologie et le progrès afin de replacer nos actions dans un cadre responsable et enthousiasmant? L'école a besoin de cette assise du sens sans laquelle son autorité est comme en apesanteur.
La démocratie s'est progressivement étendue à la famille et l'émancipation de la femme nous conduit naturellement de l'autorité paternelle à l'autorité parentale. C'est que la femme passe progressivement du statut de servante à celui de compagne. Cette modification est en cours et est encore bien mal maîtrisée, laissant bien souvent les enfants devenir la proie de leurs pulsions, devenir des "sauvageons". Sans compter que même dans les familles maîtrisant bien la conduite de l'autorité parentale et où la complémentarité fructueuse du père et de la mère apporte une éducation éfficace à l'enfant, l'écoute a pris une grande place, attestant ainsi de la meilleure prise en compte des valeurs féminines. L'école ne saurait ignorer ces évolutions touchant l'éducation des élèves qui lui sont confiés.
Si on peut toujours être d'accord avec les principes de sanctuarisation de l'école afin qu'elle ne soit le jouet d'aucun groupe d'influence (famille comprise), il n'en demeure pas moins qu'elle ne peut ignorer ces évolutions dont elle est en partie responsable grâce à son rôle positif dans l'émancipation féminine, la pénétration de la démocratie dans la famille et l'application de la raison. De plus, de nombreuses expériences de pédagogie active ont montré que l'instruction pouvait s'appuyer efficacement sur le dynamisme des élèves sans pour autant que l'école sombre dans le laxisme ni qu'elle soit la proie ou le jouet de groupes d'influence externes. C'est une question de définition des domaines d'action et de responsabilité et non une question globale séparerait nos rapports à l'école en tenants de l'autorité d'un côté et les laxistes (pédagogistes rêveurs) de l'autre . Il est tout à fait possible de s'inspirer des principes de la sociocratie (mariage de la hiérarchie, de l'écoute et de la participation), comme l'a expériementé Kees Boeke* pour définir au sein de l'école qui est responsable de quoi et mobiliser efficacement l'énergie des élèves sans pour autant que la direction abandonne le moins du monde ses responsabilités de direction, mais au contraire s'y consacre pleinement. Mais il faudrait que l'état s'engage dans cette voie et donne aux directeurs et aux enseignants le droit de s'organiser selon ces principes éprouvés et au fond de bon sens, qu'elle les reconnaisse responsables dans leur domaine, afin qu'eux-mêmes sachent susciter et baliser la responsabilisation progressive des élèves, c'est à dire qu'elle les accompagne dans leur devenir adulte citoyen. Mission qu'elle manque aujourd'hui dans les faits, et qui est pourtant une de ses principales prérogatives, à cause de cette conception autoritaire unilatérale et sourde, omnipotente et finalement paralysante et de cette hiérarchie bureaucratisante et infantilisante.
*Kees Boeke (1884 – 1966), psychosociologue et pédagogue Hollandais reprit le terme « sociocratie » inventé par Auguste COMTE pour décrire un mode d’organisation basé sur l’équivalence des participants et la prise de décision par consensus, mode d’organisation qu’il a expérimenté au sein de la Werkplaats Community School in Holland. Kees Boeke formula pour cela 3 règles fondamentales :
-
Les intérêts de tous les membres sont pris en considération, chacun acceptant de se soumettre aux intérêts de la communauté
-
Une solution n’est adoptée que si elle est acceptée par ceux qui vont la mettre en œuvre
-
Tous les membres sont prêts à agir conformément aux décisions prises unanimement
07:05 Publié dans Autorité, Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.03.2011
68 et l'autorité parentale (revu le 9 Mars 2011).
68, c'est une libération. Celle pesant sur les tabous sexuels, sur la télé jusqu'alors soumise à la censure, mais c'est peut-être surtout la libération de l'autorité paternelle.
Est-ce pour autant le laxisme à l'école, le délitement de toute autorité? Sans doute pas, ou alors nous faisons fausse route et nous serions avisés de lire et relire les réflexions rivées à l'expérience du célèbre pédiatre Aldo Naouri (et éviter de lui coller une étiquette de ringard qu'il ne mérite pas, lui qui professe ainsi que Solotourne qu'Ecouter l'enfant ne veut pas dire lui obéir).
L'autorité du père a fait place à l'autorité parentale, c'est à dire une autorité assumée non par un seul des deux parents mais par les deux à la fois, témoin de la montée en force de la place de la femme dans notre société. Bien entendu, cette autorité suppose un accord important entre les deux parents. Tout écart à cette entente, et Dolto n'y est pour rien, se paie par un déficit d'autorité que les enfants exploiteront aux dépens de tous, parents, société, eux-mêmes. Dolto n'y est pour rien, parce qu'elle a aussi souligné l'importance de la castration initiale des enfants, de la même façon qu'Aldo Naouri nous le rappelle aujourd'hui. Peut-être le message éducatif d'Aldo Naouri est-il plus clair, moins sujet à confusion (on a souvent reproché à Dolto de prôner le laxisme éducatif, ce qui est faux, elle prône l'écoute des enfants, pas de leur obéir). L'autorité parentale, si elle est, à première vue, moins immédiate que l'autorité paternelle, a l'avantage de moins déraper dans l'autoritarisme, c'est à dire dans la brutalité et l'ignorance de la réalité de l'enfant. Hugues Lagrange avec son dernier livre "Déni de culture" propose d'aider un peu plus les femmes à consolider leur part d'autorité parentale, il pense en particulier aux femmes qui baignent dans une culture de domination masculine. Mais à nouveau, le niveau de maîtrise éducative des familles égalitaires a un sérieux besoin de clarification et d'amélioration. Sujet à suivre, parce qu'on ne reviendra pas en arrière et c'est tant mieux.
13:47 Publié dans Autorité, Education | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10.11.2010
Chère Danièle Sallenave. Lire, écrire, compter et les notes.
Hier soir mardi 9 novembre 2010, lors de l'émission "Du grain à moudre" sur FC, il était question de l'école. Lors de ce débat, j'ai appris que le nombre d'heures des lycéens était passé de 24h hebdo dans les années 60 à 28h aujourd'hui+2h de soutien si besoin (je n'ai pas trouvé de statistiques sur ces horaires, si quelqu'un a une source elle est bienvenue). Chacun convient qu'il faut réduire les heures, mais pas celles de sa discipline. A un moment où la discussion se perdait sur des détails, Danièle Sallenave, dont les parents étaient instituteurs, a rappelé que ce qui comptait, c'était le CP, les apprentissages de base du Français, auquel j'ajouterais savoir compter (oui, moi aussi j'en rajoute!). Elle a rappelé que ses parents étaient très préoccupés quand un de leurs élèves éprouvait quelques difficultés à assimiler les enseignements du CP (lire, écrire, compter). Comme je suis d'accord avec elle et comme cette simple évidence n'est pas mise en pratique! A t'on idée de la souffrance qu'on inflige à nos jeunes, qui ne savent qu'à peine marcher à quatre pattes (ne possèdent pas les bases), et à qui on demande de faire des 100 mètres? Si on avait reconnu qu'Allègre avait raison de vouloir mettre l'élève au centre du système éducatif (je rappelle ici qu'écouter ne veut pas dire obéir), nous nous serions apperçu de cette souffrance. Mais tant que le maître, pris dans un maillage syndical et administratif serré, sera maintenu au centre dans une posture endogame, rien de bon n'est attendu.
Chaque élève (sauf handicap qui mérite parcours adapté) peut assimiler à fond les connaissances de base, les éléments qui vont lui permettre de passer à l'étape suivante sans faire comme si. Inutile de charger la mule, de faire de la quantité mais superficiellement. La qualité, la consolidation des connaissances à 110% qui apporte l'aisance, forme un moule d'exigence transposable aux autres apprentissages. Cette aisance développe le plaisir d'apprendre, d'être exigeant envers soi-même parce que ça vaut la peine.
Danièle Sallenave remet ça le 3 décembre dans sa chronique matinale sur FC, en écho et contre la pétition anti-note en primaire. Elle souligne que les élèves ont besoin de repères et que les notes en fournissent un. Si les élèves progressent et apprennent vraiment à lire, écrire et compter, les notes peuvent même être stimulantes. Je partage son point de vue, mais j'ajouterais que la mise en perspective systématique des progrès de l'acquisition des connaissances, donc des notes, pourraît améliorer le repère que les notes peuvent apporter, aussi bien pour l'élève que pour les profs et les parents. L'évaluation de la progression est fortement stimulante ou révélatrice de problèmes dont il convient de s'occuper spécifiquement.
13:41 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
31.08.2010
DICTONNERRE DE BREST
L'ENFER EST PAVÉ DE BONNES INTENTIONS, MAIS LE CIEL EST GARNI D'ÉTOILES (Saint Bernard et Michel MARTIN pour l'éternité)
TU ME DIS, J'OUBLIE; TU M'ENSEIGNES, JE ME SOUVIENS; TU M'IMPLIQUES, J'APPRENDS; Benjamin Franklin (1706-1790)
ECOUTER LES ELEVES NE VEUT PAS DIRE LEUR OBEIR (SOLOTOURNE 2006, 2007, les précédentes et les suivantes).
LES ENFANTS, IL FAUT RIEN METTRE DEDANS (SOLOTOURNE 2006-8024).
LES BOURGEONS SONT DETRUITS PAR LE GEL ET PAR LE SOLEIL TROP INTENSE, C'EST POUR CELA QU'ILS POUSSENT AU PRINTEMPS (SOLOTOURNE 2007-2084).
C'EST AU POINT D'EAU QUE LES ANIMAUX VIENNENT SE DÉSALTERER (Lapalisse et Solotourne).
CE QUI N'EST PAS DONNÉ EST PERDU (Proverbe manouche éternel)
FAIRE COMME SI, CA FAIT MAL (Solotourne 2010)
UN ESCALIER SE BALAIE A PARTIR DU HAUT, MAIS ON PEUT L'ASPIRER A PARTIR DU BAS (Solotourne sur les idées reçues et la modernité 2010)
NE NOURRIS PAS LE BOUC-ÉMISSAIRE, IL TE CHIERA DES CROTTES DANS LES BOTTES (Solotourne 2010)
LE CHIEN A BEAU AVOIR QUATRE PATTES, IL NE PEUT EMPRUNTER DEUX CHEMINS A LA FOIS (proverbe Sénégalais).
SE LIBÉRER DU PASSÉ NE VEUT PAS DIRE L'OUBLIER OU LE NIER (SEULE LA VÉRITÉ LIBERE; LE PASSÉ NIÉ ALIENE) Proverbe Freudosolotournien éternel
CE N'EST PARCE QUE NOUS AVONS RENONCÉ AU MEILLEUR DES MONDE QUE NOUS DEVONS RENONCER A UN MONDE MEILLEUR (Edgar Morin)
ON NE PEUT PAS DEMANDER A UN CACTUS DE RENTRER SES EPINES, CE N"EST PAS POUR CETTE RAISON QU"IL NE PEUT PAS VOUS SAUVER DE LA SOIF. (Solotourne et J.Dutonc pour les années de vaches maigres et contre les illusions)
IL FAUT FAIRE AVEC CE QU'ON A, PARCE QUE AVEC CE QU'ON N'A PAS ON NE PEUT RIEN FAIRE (Dicton du fond des âges complêté par Solotourne, spéciale dédicace à Peanuts).
14:13 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
26.02.2010
Instruire et éduquer
Si le rôle de l'école est clairement d'instruire, est-ce aussi de son ressort d'éduquer? Oui, certainement, mais pas toute seule et il est probable que l'éducation soit un préalable indispensable à l'instruction, ainsi que nous le conseille Aldo Naouri!
Les deux notions sont très souvent confondues alors qu'elles recouvrent des réalités bien différentes. Alors que l'instruction (l'apprentissage des compétences, lire, écrire, compter...) demeure à un niveau très élevé en France, l'éducation (le respect des horaires et des personnes...) pose des problèmes dont l'école hérite alors qu'elle n'a pas vraiment les moyens d'y faire face. En conséquence, il lui devient un peu plus difficile d'assurer sa fonction principale d'instruction.
L'école ne pourra pas régler toute seule ces problèmes d'éducation. Le durcissement de la discipline en cours va échouer parce que les adultes ont abandonné le domaine et l'action publique dans leur buletin de vote, quand ils ne concourrent pas à miner l'autorité dont l'école a besoin. La vacuité de la rue est en train d'être occupée par le deal et la consommation de drogues. S'il est utile de sanctuariser l'école, elle ne pourra toutefois pas échapper à son environnement. L'Etat Providence ne peut se substituer aux individus, la preuve en est faite et l'école ne pourra à nouveau remplir correctement son rôle d'instruction et de co-éducation que si la société du soin mutuel dont le Parti Socialiste* a décidé de se faire le champion se met véritablement en place.
Condorcet, qui est un grand penseur de la démocratie, du pourquoi et du comment des décisions collectives dans un cadre démocratique, propose que l'école se contente d'instruire afin de ne pas empiéter sur le droit des parents et préserver l'indépendance des opinions. P33 L'éducation publique doit se borner à l'instruction. Il y a pourtant une fonction éducative que l'école ne peut ignorer, c'est d'une part celle de son organisation commune et du respect des règles communes, et c'est d'autre part l'écoute, c'est à dire la prise en compte de la réalité de l'élève. Pour ces deux raisons l'école ne peut ignorer tout à fait son rôle éducatif.
*C'est d'ailleurs assez curieux que ce soit le PS qui se soit décidé à lancer ce thème qui comporte tant d'ennemis en son sein propre, les tenants de ce qu'on pourait qualifier du conservatisme de gauche, ceux des acquis intangibles de l'Etat Providence, toujours avides d'en découdre avec les patrons tout en se lamentant du chômage. J'aurais plutôt vu un parti du centre s'emparer de ce thème en premier (Modem, Parti Radical (Lavoisien ou de gauche), Nouveau Centre). Gageons que tous finiront par s'approprier ce sujet de la société du soin mutuel sous le poids de la nécessité.
16:04 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : éducation, école, instruction, société du soin mutuel, enseignement
03.05.2009
Le désir de communiquer et les moyens de le faire
En lisant le livre de la mouette (Emmanuelle LABORIT), la petite fille sourde du célèbre Henri, j'ai découvert que le langage des signes avait été un évènement considérable pour elle et les sourds-muets en général. C'est grâce au langage des signes que les sourds muets peuvent vraiment développer toutes leurs capacités intellectuelles et mentales sans lequel elles demeurent à l'état de potentialité avant de devenir en partie caduques avec l'âge. C'est une très convaincante démonstration qu'il existe un lien très fort entre pratique de la communication avec nos semblables, maturité et niveau culturel (au sens le plus large, celui de tous les acquis, encore que le terme d'acquis ne me satisfasse pas vraiment, il est trop statique pour désigner un processus vivant) . On pourrait en déduire qu'il suffirait d'enrichir les programmes scolaires en communication pour que les élèves développent leurs capacités. Je ne crois pas, parce qu'il manque un élément essentiel à ce raisonnement: le poids du désir dans les apprentissages.
Les stages de langue en immersion totale ont prouvé qu'ils pouvaient avoir une efficacité sans pareille. C'est qu'en effet, ils mettent les élèves dans une situation de pénurie de communication et ainsi activent le désir de recouvrir une capacité de communication satisfaisante. Un des points faibles de notre école, c'est qu'elle n'organise pas une assez grande place au désir qui est pourtant le moteur d'apprentissage le plus puissant. Le désir de communiquer est un des leviers de développement trop peu mis en oeuvre. Il donne pourtant des résultats parfois époustouflants, même chez les acacias.
09:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.11.2008
L'AGCS contre l'école libre et gratuite?
L'AGCS c'est une espèce d'accord de plusieurs milliers de pages promu par un organisme international, l'OMC, et qui a pour but de mettre en concurrence "non faussée" les services, éducation comprise. Si l'état signait cet accord, celà signifierait la fin de l'école libre et gratuite selon le système actuel, puisque tout établissement compétent (ou réputé tel) pourrait réclamer la même subvention que les écoles publiques.
Il y a une parade: donner un chèque éducation aux élèves (et non aux établissements) qui pourront le dépenser (leurs parents ou tuteurs pour les plus jeunes) là où ils le choisissent. Celà permettrait de conserver le principe de gratuité et donnerait un oxygène formidable à l'école de Jules FERRY et aux hussards noirs qui n'en sont plus (Qu'on me comprenne, je suis plutôt admiratif des profs qui réussissent à intéresser leurs élèves dans les conditions qu'on leur impose. Il s'agit plutôt d'une critique à l'encontre d'un système, du Mamouth comme l'avait dit C. Allègre, qu'il sagit de transformer, pas nécessairement de dégraisser, ce qui est insultant). L'état pourrait garder la maîtrise du système en décernant ou non aux établissements un agrément leur permettant de bénéficier des chèques éducation, au travers des programmes etc... Toutes les sensibilités politiques pourraient s'exprimer au travers du contenu de cet agrément. On pourrait interdire aux établissements de recevoir d'autres revenus que ceux des chèques (politique égalitariste libérale, avantage à l'ascenceur social, à la redistribution des chances à chaque génération et à tous les milieux, toute la société se retrouverait pour débattre de la hauteur du chèque éducation souhaitable; c'est ma préférence), ou permettre la différenciation de s'établir (politique plutôt conservatrice, avantage aux rentiers et dévalorisation du principe du chèque éducation). On pourrait permettre la sélection sur des critères de dossiers scolaires, ou obliger les établissements à ne faire aucune discrimination etc...
Sans cette préparation au rouleau compresseur de l'AGCS soutenu par les multinationales ou l'esprit des multinationales, nous aurons droit à une mise en pièce de notre système éducatif de plus en plus contesté pour une politique (une absence de politique) se déclarant libérale et faisant l'inverse, c'est à dire promouvant l'avantage conservateur, l'avantage aux "héritiers".
10:39 Publié dans AGCS et ECOLE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : éducation, école, société, pcf, enseignement
15.09.2008
Du côté du plaisir et de l'effort,
C'est résolument du côté du plaisir que je voudrais voir l'école évoluer. Celà signifie-t-il le laxisme? N'y a t'il d'effort que douloureux? Il y a tellement de contre-exemples, de réussites couplées au plaisir qu'on ne sait où donner de la tête (aussi bien dans les domaines artistiques que dans toutes les professions). D'ailleurs la relation entre douleur ou effort et plaisir est très certainement beaucoup plus complexe, c'est du plaisir d'être acteur dont je veux parler, position où la douleur et l'effort fourni valorisent l'action. Tous les pédagogues connaissent bien cette problématique entre "savoir être" et "savoir faire", il manque la plupart du temps à ces concepts d'être éprouvés, expérimentés, développés expérimentalement et validés, faute de quoi ils demeurent dans un discours inopérant, dans le registre du moulin à prière. Je me demande pourquoi l'acharnement à étouffer les gosses est si grand. Nos écoles sont tristes et ennuyeuses et nous n'avons même plus l'excuse de l'avenir radieux promis par le progrès et la démocratie.
Oui à Rabelais, oui à Maria Montessory , oui à Célestin Freinet, oui à Roger Cousinet, oui à Glenn Doman et à son adaptation Françoise Boulanger , oui à Rudolf Steiner , oui à Stella Baruk et oui à tant d'autres qui ont mis l'enthousiasme au coeur de leur enseignement. Oui aussi à Michel ONFRAY , le créateur de l'université populaire de Caen qui nous invite rageusement à vivre une vie de première main (je suis plutôt agnostique personnellement, alors que Michel ONFRAY est foncièrement athée, j'ai envie de dire de façon provocatrice que sa mystique est athée, mais je le rejoins complètement dans son approche philosophique libertaire et vivante, rageusement vivante). Sans doute toutes ces méthodes généreuses produisent-elles parfois des effets désastreux. En partie parce que même avec un bon marteau il est désastreux de vouloir enfoncer un clou avec son manche et aussi en partie par ce que ces méthodes peuvent avoir d'imparfait. Mais il n'est pas possible d'ignorer tous les témoignages de réussites issues de l'application de ces méthodes joyeuses et généreuses.
On n'est pas là (que) pour se faire engueuler... (Boris Vian)
"Les bourgeons sont détruits par le gel et le soleil trop intense." (Solotourne 2007 et suivantes)
"Tu me dis, j'oublie; Tu m'enseignes, je me souviens; Tu m'impliques, j'apprends" Benjamin Franklin (1706-1790)
11:13 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : education, école
10.09.2008
Et qu'en pensent les gardiens du temple?
Qu'à celà ne tienne. Depuis le temps qu'ils immobilisent nos gamins, ils ne peuvent plus se rendre compte que l'envie d'apprendre d'un enfant peut être irrésistible pour peu qu'on sache la solliciter. D'aucuns les ligotent avec la culture, d'autres avec le savoir; il y a les partisans de l'emprisonnement dans les contenants et ceux qui sont pour la noyade dans les contenus.
Un petit détour par "La Méthode Arthur" pour vous raffraîchir les idées? Ou bien la méthode Freinet? Rabelais peut sans aucun doute être aussi rappelé à la rescousse... attention la secousse.
13:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30.05.2008
L'école, pour quoi faire?
Ecouter Daniel Mesguish, le directeur du Conservatoire National d'Art Dramatique, ce vendredi 30 Mai, parler du rôle du théatre me donne envie de reposer la question de base: l'école, pour quoi faire? Daniel Mesguish refuse la loi du marché, la logique du casting, mais ne refuse pas la popularité. Il veut être pionier et pas à la remorque du marché. Quelle bouffée d'air d'écouter cet homme cultivé qui ne se laisse enfermer ni dans une tour d'ivoire d'un élitisme étroit ni par le culte de la réussite validée par le marché.
A quoi servirait une école qui serait suiveuse, qui serait au service de cette société de marché comme nous le murmure une petite mélodie pragmatique et anxieuse? Et d'un autre côté, à quoi servirait une école qui n'apporterait pas aux enfants les meilleurs outils d'expression et d'autonomie?
L'école, ça sert à quoi?
A préparer de bons petits soldats ou des philosophes accomplis?
A devenir meilleur en "lutte des places" ou à savoir déjouer l'arrivisme?
A devenir plus autonome ou plus limité?
A compétiter les autres nations et à les dominer ou bien à développer la culture?
A développer le sens critique ou bien à abrutir?
A faire vivre les syndicats enseignants?
A jouer à tout faire pour faire fuir les élèves tout en ayant l'obligation de les retenir?
A occuper les parents d'élèves?
A relancer le bâtiment?
A apprendre à traffiquer et à racketter?
A faire les gros titres des journaux?
A occuper les gosses?
A faire des ados?
A faire fonctionner les transports scolaires?
A faire tourner l'économie de l'édition scolaire ?(il paraîtrait que la France est au top à ce sujet, avec contamination de toute la francophonie).
A (m') inciter à faire des blogs sur l'école suite à une scolarité ennuyeuse et pauvre en nourriture de type confiance et enthousiasme?
10:46 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.03.2008
Ferry et Lang
Voilà que deux anciens ministres de l'éducation cosignent un article contre les réformes proposées par l'actuel, le qualifiant de populisme scolaire. C'est que le recentrage sur les fondamentaux (lecture, écriture, calcul), ça fait 20 ans qu'on ne fait que ça! Alors où est le problème? C'est que le programme actuel en disant qu'il va vraiment mettre en place les fondamentaux ne ferait, selon Ferry et Lang, que les réduire.
Luc Ferry (sur FQ le 18/03/2008 dans les matins d'A. Badou) préconise deux réformes importantes qu'il faudrait mettre en place: 80% de ceux qui n'ont pas appris à écrire au CP n'y arriveront jamais vraiment. Conclusion, il faut dédoubler les CP pour que le maître (la maîtresse) qui détecte un problème puisse y remédier sans attendre.
Deuxième tare: environ 150 000 élèves par an se trainent dans des cycles généralistes qu'ils vomissent. Ce n'est pas en leur donnant un soutien scolaire, c'est à dire des heures en plus que la situation va s'améliorer. On a du recul là-dessus, on sait que ça ne marche pas, pas plus que les ZEP. Conclusion, il propose de créer des filières en alternance école/entreprise dès le collège.
Moi qui ne suis pas un fan de Ferry, je suis d'accord avec ses propos, mais je crois qu'il faut trop d'énergie pour imposer chaque réforme. Il me semble que c'est une question de système trop gros et trop rigide pour permettre à chaque acteur de l'éducation d'employer pleinement son intelligence et son expérience. Un changement radical, comme je le propose par ailleurs dans ce blog, avec d'autres, me semble possible et souhaitable, sans pour autant perdre le principe de l'école libre et gratuite pour tous (au moyen du chèque éducation en particulier).
09:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.01.2008
Super Nanny
De l'humour, du savoir faire, de la fermeté et de la tendresse: Super Nanny est vraiment très pro dans l'application de "Ecouter les enfants ne veut pas dire leur obéir". Bravo.
10:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.12.2007
Les élèves en difficulté
Qu'arrive-t-il a un élève qui commence à être en difficulté? En général on lui dit de se reprendre, de plus travailler, de moins faire l'idiot etc...Bref, on lui fait la morale.
Quelle est l'efficacité de toutes ces sages recommandations? A peu près nulle, si ce n'est de renforcer la cancrerie et d'augmenter la souffrance associée à ce déclassement social.
Est-ce qu'on continue quand même à les pratiquer? Oui, sans état d'âme. Il faut tout de même signaler les réseaux d'aide spécialisées aux élèves en difficulté (RASED, présentation des RASED) qui peuvent apporter leur concours compétent, quand ils sont présents, et ainsi aider à sortir des ornières habituelles. Ces réseaux sont menacés par le gouvernement Fillon (Oct 2008).
Dans ma longue carrière d'élève, j'ai eu des hauts et des bas et je sais de quoi je cause. En troisième, alors que j'étais à la dérive complète (notes nulles, perturbation de la classe, colles...), j'ai eu la chance d'être confié à une amie de la famille qui était bilingue (anglais et français). En moins de 3 mois elle m'a aidé à me remettre sur pied, si bien que je suis passé de cancre à meilleur de la classe. Je ne la voyais pourtant qu'une heure par semaine. Comment a-t-elle procédé pour obtenir ce miracle? Pour me redonner confiance et me redonner le goût au travail? C'était assez simple, au début je devais apprendre 5 mots de vocabulaire anglais par jour. Je la voyais pour les réciter et je n'avais pas droit à l'erreur (je veux dire par là que tant que je ne connaissais pas tous les mots que j'avais à connaître je devais m'y remettre). Pendant un mois, j'ai ainsi "musclé" ma mémoire, mais surtout ma concentration et j'ai appris à m'organiser. Cela m'a redonné une confiance que je n'avais même pas imaginé avoir perdue! Ensuite, elle m'a donné un condensé très efficace de grammaire français/anglais, à connaître aussi par coeur (toujours les 5 mots par jour en plus). En 15 jours c'était fait. On est ensuite passé à l'écriture de textes, des rédactions, avec toujours en fond les 5 mots par jour. Je lui dois mon brevet et une méthode simple pour redémarrer et savoir retrouver la confiance qui m'a servi par la suite.
Voilà, c'était une expérience, sans doute un peu rigide, mais j'étais soutenu par son attente, son attention, sa fermeté et sa compétence qui m'ont permis de renouer une relation de confiance.
Daniel Pennac raconte une expérience assez voisine dans "Chagrin d'école".
18:02 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : école
20.09.2007
Les ados
Il s'agit du maintien prolongé des jeunes en situation infantile, en situation d'impuissance sociale, « hors-jeu » socialement jusqu'à un âge avancé. Les parents reconnaissent les ados quand l'envie de les corriger se fait encore sentir alors que ce n'est plus possible. C'est aussi une époque de mutation au bout de laquelle le "homard" (en référence au "complexe du homard" de Françoise DOLTO) aura une carapace plus ou moins solide (carapace n'est peut-être pas la meilleure image pour décrire la confiance en soi et les compétences relationnelles dont il est question ici).
Depuis quand y-a t'il des ados ?
Pourquoi y-a t'il des ados ?
Parce que notre société dite évoluée nécessiterait une scolarisation prolongée pour tout le monde. Mais n'est-ce pas aussi dû au pouvoir que les vieux ne veulent pas lâcher? L'accroissement des connaissances et des compétences est très certainement une évolution logique de notre société du progrès (technique), mais cet accroissement doit-il nécessairement passer par une adolescentisation généralisée? Il me semble que nous devrions réfléchir un peu plus à ce point que la scolarisation de masse a un peu oublié.
Etre ado fait-il souffrir ?
Sans aucun doute si on se réfère au nombre croissant de « pédopsychobobologues » (Psychanalystes, pédopsys., psychiatres, conseillers d'orientation, assistants sociaux dans les écoles...) ; Sans aucun doute si on se réfère au langage avec ses « crises d'adolescence » ; Sans aucun doute si on se souvient être passé par là et si on a des enfants ados.
Pourrait-on réduire cette souffrance ?
Oui, en brisant le tabou « travail des enfants=exploitation des enfants ». Ce tabou me semble dissimuler un désir de domination hypocrite dont le comble est le discours sur la liberté des jeunes, soit disant de plus en plus grande, alors qu'en fait, jamais une société n'aura bloqué à ce point ses jeunes dans l'accès à la « vraie vie », à la vie socialement active.
09:10 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : éducation, école, enseignement
19.07.2007
Maturité partielle précoce
Des enfants décrochent des matières scolaires parce qu'ils ne comprennent ni à quoi elles servent ni leur situation d'élève-oie. Ces enfants qui sont intelligents et précoces se retrouvent en dehors du circuit qui ne s'acclimate bien que des élèves dociles acceptant de travailler par soumission et par entrainement social (dynamique de groupe), mais sans vraiment devenir co-acteurs de leur éducation. Le verrouillage est de type Oedipien, c'est à dire que la clé de leur travail, de leur soumission, se retrouve dans l'autorité des maîtres (j'allais dire des mettres, quel lapsus!). Les enfants qui ne demandent qu'à être les co-acteurs de leur éducation se retrouvent souvent exclus du système ou bien le vivent très difficilement. De plus ils sont souvent taxés d'immaturité alors que ce peut être l'inverse.
C'est un vrai sujet de société qui dépasse de très loin le simple cadre de l'école qui fait ce qu'elle peut. Que signifie le maintien prolongé des jeunes en situation d'impuissance?(faire une petite plongée dans l'histoire pour savoir à quel âge on a pu devenir adulte suivant les époques et comparer avec aujourd'hui). Il faut bien reconnaître que l'obtention d'un niveau éducatif élevé est difficile à combiner avec l'autonomie des jeunes.
10:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : éducation, école
26.06.2007
La salsa contre la violence
10:35 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : education, école
30.04.2007
Déontologie des carnets de correspondance
21:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.03.2007
Célestin FREINET
Le film de Daniel LOSSET "Le maître qui laissait les enfants rêver" retraçant la vie et le combat de Célestin FREINET a été diffusé le 29 Mars 2007 à 20h50 sur FR3. Impressionnant. Mis à part l'engagement "bolchévique" de Célestin FREINET abusé comme tant de personnes généreuses par le communisme à ses débuts, par le romantisme du communisme naissant, tout l'engagement de Célestin FREINET pour l'éducation d'enfants libres est encore d'une brulante actualité. Comment se fait-il que son expérience pédagogique si réussie se soit heurtée jusqu'à aujourd'hui, dans un premier temps aux idées brutales et militaires voire carcérales de l'extrême droite puis ensuite, par une farce de l'histoire, et encore de nos jours aux apparatchiks de l'éducation (syndicats rétrogrades compris). Comment se fait-il que le simple énoncé de bon sens de Claude Allègre: "mettre l'élève au centre du système éducatif" (expression que l'on entend dans la bouche de Célestin Freinet dans le film cité) a-t'il provoqué une telle levée de boucliers au sein du corps enseignant (au moins les voix qui se font entendre, car bon nombre d'enseignants aiment Freinet). La confusion entre écouter les enfants et leur obéir peut-être!? Quel manque de discernement et quel manque de confiance en soi pour ces enseignants grognons!
Un film à voir et à revoir pour tous ceux qui s'intéressent "Freinètiquement" à l'éducation, à l'école et aux jeunes et pas trop au dressage ni à l'embrigadement.
10:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation
22.01.2007
Faire le prof pour apprendre
Sans vouloir empiéter sur les plates bandes des spécialistes de pédagogie, voici une expérience qui m'a frappé. Alors que j'étais étudiant, je me souviens avoir fait du soutien scolaire à des élèves de seconde à terminale. Un fait a retenu mon attention: jamais au cours de mes études je ne m'étais souvenu avec autant de précision de ce que j'avais fait lors des séances précédentes. Le fait de me retrouver dans la situation du prof avait nettement accru mon attention.
Quand on est élève, il arrive très souvent, le plus souvent, que l'on recoive bien avant d'avoir eu la moindre question. L'offre précède de beaucoup la demande. On se retrouve de fait très souvent passif. Quand on est du côté du prof, on ne peut pas faire autrement que d'être acteur et ça change tout en ce qui concerne l'attention et l'intérêt porté à ce qu'on étudie.
Je me suis souvenu que quand j'étais dans les toutes petites classes, j'avais souvent terminé juste les claculs dans les premiers (sans me vanter ;-)). Le maître me demandait alors souvent d'aider un petit camarade un peu plus lent. Il me semble que ça fonctionnait très bien, et pour le petit camarade, et pour le maître qui se trouvait ainsi secondé, et pour moi qui tentais d'apprendre à apprendre.
Il me semble que dans de nombreuses situations les élèves pourraient être mis à contribution pour enseigner aux plus jeunes ou à ceux qui sont moins avancés ou moins spécialisés suivant les cas, sous le contrôle des enseignants, ce qu'ils commencent à maîtriser (je pense en particulier à la classe de CP qui est si importante pour l'avenir, puisque c'est l'année de l'apprentissage de la lecture). Rien de tel pour devenir un acteur et faire un pas vers l'école désadolescentée.
14:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : education














