03.05.2009
Le désir de communiquer et les moyens de le faire
En lisant le livre de la mouette (Emmanuelle LABORIT), la petite fille sourde du célèbre Henri, j'ai découvert que le langage des signes avait été un évènement considérable pour les sourds-muets. C'est grâce au langage des signes que les sourds muets peuvent vraiment développer toutes leurs capacités intellectuelles et mentales sans lequel elles demeurent à l'état de potentialité avant de devenir en partie caduques avec l'âge. C'est une très convaincante démonstration qu'il existe un lien très fort entre pratique de la communication avec nos semblables et instruction. On pourrait en déduire qu'il suffirait d'enrichir les programmes scolaires en communication pour que les élèves développent leur capacités. Je ne crois pas, parce qu'il manque un élément essentiel à ce raisonnement: le poids du désir dans les apprentissages.
Les stages de langue en immersion totale ont prouvé qu'ils pouvaient avoir une efficacité sans pareille. C'est qu'en effet, ils mettent les élèves dans une situation de pénurie de communication et ainsi activent le désir de recouvrir une capacité de communication satisfaisante. Un des points faibles de notre école, c'est qu'elle n'organise pas une assez grande place au désir qui est pourtant le moteur d'apprentissage le plus puissant. Le désir de communiquer est un des leviers de développement trop peu mis en oeuvre.
09:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.11.2008
L'AGCS contre l'école libre et gratuite?
L'AGCS c'est une espèce d'accord de plusieurs milliers de pages promu par un organisme international, l'OMC, et qui a pour but de mettre en concurrence non faussée les services, éducation comprise. Si l'état signait cet accord, celà signifierait la fin de l'école libre et gratuite selon le système actuel, puisque tout établissement compétent (ou réputé tel) pourrait réclamer la même subvention que les écoles publiques.
Il y a une parade: donner un chèque éducation aux élèves (et non aux établissements) qui pourront le dépenser (leurs parents ou tuteurs pour les plus jeunes) là où ils le choisissent. Celà permettrait de conserver le principe de gratuité et donnerait un oxygène formidable à l'école de Jules FERRY et aux hussards noirs qui n'en sont plus (Qu'on me comprenne, je suis plutôt admiratif des profs qui réussissent à intéresser leurs élèves dans les conditions qu'on leur impose. Il s'agit plutôt d'une critique à l'encontre d'un système, du Mamouth comme l'avait dit C. Allègre, qu'il sagit de transformer, pas nécessairement de dégraisser, ce qui est insultant). L'état pourrait garder la maîtrise du système en décernant ou non aux établissements un agrément leur permettant de bénéficier des chèques éducation, au travers des programmes etc... Toutes les sensibilités politiques pourraient s'exprimer au travers du contenu de cet agrément. On pourrait interdire aux établissements de recevoir d'autres revenus que ceux des chèques (politique égalitariste libérale, avantage à l'ascenceur social, à la redistribution des chances à chaque génération et à tous les milieux, toute la société se retrouverait pour débattre de la hauteur du chèque éducation souhaitable; c'est ma préférence), ou permettre la différenciation de s'établir (politique plutôt conservatrice, avantage aux rentiers et dévalorisation du principe du chèque éducation). On pourrait permettre la sélection sur des critères de dossiers scolaires, ou obliger les établissements à ne faire aucune discrimination etc...
Sans cette préparation au rouleau compresseur de l'AGCS soutenu par les multinationales ou l'esprit des multinationales, nous aurontsdroit à une mise en pièce de notre système éducatif de plus en plus contesté pour une politique (une absence de politique) se déclarant libérale et faisant l'inverse, c'est à dire promouvant l'avantage conservateur, l'avantage aux "héritiers".
10:39 Publié dans AGCS et ECOLE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : éducation, école, société, pcf, enseignement
15.09.2008
Du côté du plaisir et de l'effort,
C'est résolument du côté du plaisir que je voudrais voir l'école évoluer. Celà signifie-t-il le laxisme? N'y a t'il d'effort que douloureux? Il y a tellement de contre-exemples, de réussites couplées au plaisir qu'on ne sait où donner de la tête (aussi bien dans les domaines artistiques que dans toutes les professions). D'ailleurs la relation entre douleur ou effort et plaisir est très certainement beaucoup plus complexe, c'est du plaisir d'être acteur dont je veux parler, position où la douleur et l'effort fourni valorisent l'action. Tous les pédagogues connaissent bien cette problématique entre "savoir être" et "savoir faire", il manque la plupart du temps à ces concepts d'être éprouvés, expérimentés, développés expérimentalement et validés, faute de quoi ils demeurent dans un discours inopérant, dans le registre du moulin à prière. Je me demande pourquoi l'acharnement à étouffer les gosses est si grand. Nos écoles sont tristes et ennuyeuses et nous n'avons même plus l'excuse de l'avenir radieux promis par le progrès et la démocratie.
Oui à Rabelais, oui à Maria Montessory , oui à Célestin Freinet, oui à Roger Cousinet, oui à Glenn Doman et à son adaptation Françoise Boulanger , oui à Rudolf Steiner , oui à Stella Baruk et oui à tant d'autres qui ont mis l'enthousiasme au coeur de leur enseignement. Oui aussi à Michel ONFRAY , le créateur de l'université populaire de Caen qui nous invite rageusement à vivre une vie de première main (je suis plutôt agnostique personnellement, alors que Michel ONFRAY est foncièrement athée, j'ai envie de dire de façon provocatrice que sa mystique est athée, mais je le rejoins complètement dans son approche philosophique libertaire et vivante, rageusement vivante). Sans doute toutes ces méthodes généreuses produisent-elles parfois des effets désastreux. En partie parce que même avec un bon marteau il est désastreux de vouloir enfoncer un clou avec son manche et aussi en partie par ce que ces méthodes peuvent avoir d'imparfait. Mais il n'est pas possible d'ignorer tous les témoignages de réussites issues de l'application de ces méthodes joyeuses et généreuses.
On n'est pas là (que) pour se faire engueuler... (Boris Vian)
"Les bourgeons sont détruits par le gel et le soleil trop intense." (Solotourne 2007 et suivantes)
"Tu me dis, j'oublie; Tu m'enseignes, je me souviens; Tu m'impliques, j'apprends" Benjamin Franklin (1706-1790)
11:13 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : education, école
10.09.2008
Et qu'en pensent les gardiens du temple?
Qu'à celà ne tienne. Depuis le temps qu'ils immobilisent nos gamins, ils ne peuvent plus se rendre compte que l'envie d'apprendre d'un enfant peut être irrésistible pour peu qu'on sache la solliciter. D'aucuns les ligotent avec la culture, d'autres avec le savoir; il y a les partisans de l'emprisonnement dans les contenants et ceux qui sont pour la noyade dans les contenus.
Un petit détour par "La Méthode Arthur" pour vous raffraîchir les idées? Ou bien la méthode Freneit? Rabelais peut sans aucun doute être aussi rappelé à la rescousse... attention la secousse.
13:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30.05.2008
L'école, pour quoi faire?
Ecouter Daniel Mesguish, le directeur du Conservatoire National d'Art Dramatique, ce vendredi 30 Mai, parler du rôle du théatre me donne envie de reposer la question de base: l'école, pour quoi faire? Daniel Mesguish refuse la loi du marché, la logique du casting, mais ne refuse pas la popularité. Il veut être pionier et pas à la remorque du marché. Quelle bouffée d'air d'écouter cet homme cultivé qui ne se laisse enfermer ni dans une tour d'ivoire d'un élitisme étroit ni par le culte de la réussite validée par le marché.
A quoi servirait une école qui serait suiveuse, qui serait au service de cette société de marché comme nous le murmure une petite mélodie pragmatique et anxieuse? Et d'un autre côté, à quoi servirait une école qui n'apporterait pas aux enfants les meilleurs outils d'expression et d'autonomie?
L'école, ça sert à quoi?
A préparer de bons petits soldats ou des philosophes accomplis?
A devenir meilleur en "lutte des places" ou à savoir déjouer l'arrivisme?
A devenir plus autonome ou plus limité?
A compétiter les autres nations et à les dominer ou bien à développer la culture?
A développer le sens critique ou bien à abrutir?
A faire vivre les syndicats enseignants?
A jouer à tout faire pour faire fuir les élèves tout en ayant l'obligation de les retenir?
A occuper les parents d'élèves?
A relancer le bâtiment?
A apprendre à traffiquer et à racketter?
A faire les gros titres des journaux?
A occuper les gosses?
A faire des ados?
A faire fonctionner les transports scolaires?
A faire tourner l'économie de l'édition scolaire ?(il paraîtrait que la France est au top à ce sujet, avec contamination de toute la francophonie).
A (m') inciter à faire des blogs sur l'école suite à une scolarité ennuyeuse et pauvre en nourriture de type confiance et enthousiasme?
10:46 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.03.2008
Ferry et Lang
Voilà que deux anciens ministres de l'éducation cosignent un article contre les réformes proposées par l'actuel, le qualifiant de populisme scolaire. C'est que le recentrage sur les fondamentaux (lecture, écriture, calcul), ça fait 20 ans qu'on ne fait que ça! Alors où est le problème? C'est que le programme actuel en disant qu'il va vraiment mettre en place les fondamentaux ne ferait, selon Ferry et Lang, que les réduire.
Luc Ferry (sur FQ le 18/03/2008 dans les matins d'A. Badou) préconise deux réformes importantes qu'il faudrait mettre en place: 80% de ceux qui n'ont pas appris à écrire au CP n'y arriveront jamais vraiment. Conclusion, il faut dédoubler les CP pour que le maître (la maîtresse) qui détecte un problème puisse y remédier sans attendre.
Deuxième tare: environ 150 000 élèves par an se trainent dans des cycles généralistes qu'ils vomissent. Ce n'est pas en leur donnant un soutien scolaire, c'est à dire des heures en plus que la situation va s'améliorer. On a du recul là-dessus, on sait que ça ne marche pas, pas plus que les ZEP. Conclusion, il propose de créer des filières en alternance école/entreprise dès le collège.
Moi qui ne suis pas un fan de Ferry, je suis d'accord avec ses propos, mais je crois qu'il faut trop d'énergie pour imposer chaque réforme. Il me semble que c'est une question de système trop gros et trop rigide pour permettre à chaque acteur de l'éducation d'employer pleinement son intelligence et son expérience. Un changement radical, comme je le propose par ailleurs dans ce blog, avec d'autres, me semble possible et souhaitable, sans pour autant perdre le principe de l'école libre et gratuite pour tous (au moyen du chèque éducation en particulier).
09:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.01.2008
Super Nanny
De l'humour, du savoir faire, de la fermeté et de la tendresse: Super Nanny est vraiment très pro dans l'application de "Ecouter les enfants ne veut pas dire leur obéir". Bravo.
10:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.12.2007
Les élèves en difficulté
Quarrive-t-il a un élève qui commence à être en difficulté? En général on lui dit de se reprendre, de plus travailler, de moins faire l'idiot etc...Bref, on lui fait la morale.
Quelle est l'efficacité de toutes ces sages recommandations? A peu près nulle, si ce n'est de renforcer la cancrerie et d'augmenter la souffrance associée à ce déclassement social.
Est-ce qu'on continue quand même à les pratiquer? Oui, sans état d'âme. Il faut tout de même signaler les réseaux d'aide spécialisées aux élèves en difficulté (RASED, présentation des RASED) qui peuvent apporter leur concours compétent, quand ils sont présents, et ainsi aider à sortir des ornières habituelles. Ces réseaux sont menacés par le gouvernement Fillon (Oct 2008).
Dans ma longue carrière d'élève, j'ai eu des hauts et des bas et je sais de quoi je cause. En troisième, alors que j'étais à la dérive complète (notes nulles, perturbation de la classe, colles...), j'ai eu la chance d'être confié à une amie de la famille qui était bilingue (anglais et français). En moins de 3 mois elle m'a aidé à me remettre sur pied, si bien que je suis passé de cancre à meilleur de la classe. Je ne la voyais pourtant qu'une heure par semaine. Comment a-t-elle procédé pour obtenir ce miracle? Pour me redonner confiance et me redonner le goût au travail? C'était assez simple, au début je devais apprendre 5 mots de vocabulaire anglais par jour. Je la voyais pour les réciter et je n'avais pas droit à l'erreur (je veux dire par là que tant que je ne connaissais pas tous les mots que j'avais à connaître je devais m'y remettre). Pendant un mois, j'ai ainsi "musclé" ma mémoire, mais surtout ma concentration et j'ai appris à m'organiser. Cela m'a redonné une confiance que je n'avais même pas imaginé avoir perdue! Ensuite, elle m'a donné un condensé très efficace de grammaire français/anglais, à connaître aussi par coeur (toujours les 5 mots par jour en plus). En 15 jours c'était fait. On est ensuite passé à l'écriture de textes, des rédactions, avec toujours en fond les 5 mots par jour. Je lui dois mon brevet et une méthode simple pour redémarrer et savoir retrouver la confiance qui m'a servi par la suite.
Voilà, c'était une expérience, sans doute un peu rigide, mais j'étais soutenu par son attente, son attention, sa fermeté et sa compétence qui m'ont permis de renouer une relation de confiance.
Daniel Pennac raconte une expérience assez voisine dans "Chagrin d'école".
18:02 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : école
20.09.2007
Les ados
Qu'est-ce que l'adolescence ?
Il s'agit du maintien prolongé des jeunes en situation infantile, en situation d'impuissance sociale, « hors-jeu » socialement jusqu'à un âge avancé. Les parents reconnaissent les ados quand l'envie de les corriger se fait encore sentir alors que ce n'est plus possible. C'est aussi une époque de mutation au bout de laquelle le "homard" (en référence au "complexe du homard" de Françoise DOLTO) aura une carapace plus ou moins solide (carapace n'est peut-être pas la meilleure image pour décrire la confiance en soi et les compétences relationnelles dont il est question ici).
Depuis quand y-a t'il des ados ?
Pourquoi y-a t'il des ados ?
Parce que notre société dite évoluée nécessiterait une scolarisation prolongée pour tout le monde. Mais n'est-ce pas aussi dû au pouvoir que les vieux ne veulent pas lâcher? L'accroissement des connaissances et des compétences est très certainement une évolution logique de notre société du progrès (technique), mais cet accroissement doit-il nécessairement passer par une adolescentisation généralisée? Il me semble que nous devrions réfléchir un peu plus à ce point que la scolarisation de masse a un peu oublié.
Etre ado fait-il souffrir ?
Sans aucun doute si on se réfère au nombre croissant de « pédopsychobobologues » (Psychanalystes, pédopsys., psychiatres, conseillers d'orientation, assistants sociaux dans les écoles...) ; Sans aucun doute si on se réfère au langage avec ses « crises d'adolescence » ; Sans aucun doute si on se souvient être passé par là et si on a des enfants ados.
Pourrait-on réduire cette souffrance ?
Oui, en brisant le tabou « travail des enfants=exploitation des enfants ». Ce tabou me semble dissimuler un désir de domination hypocrite dont le comble est le discours sur la liberté des jeunes, soit disant de plus en plus grande, alors qu'en fait, jamais une société n'aura bloqué à ce point ses jeunes dans l'accès à la « vraie vie », à la vie socialement active.
09:10 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : éducation, école, enseignement
19.07.2007
Maturité partielle précoce
Des enfants décrochent des matières scolaires parce qu'ils ne comprennent ni à quoi elles servent ni leur situation d'élève-oie. Ces enfants qui sont intelligents et précoces se retrouvent en dehors du circuit qui ne s'acclimate bien que des élèves dociles acceptant de travailler par soumission et par entrainement social (dynamique de groupe), mais sans vraiment devenir co-acteurs de leur éducation. Le verrouillage est de type Oedipien, c'est à dire que la clé de leur travail, de leur soumission, se retrouve dans l'autorité des maîtres (j'allais dire des mettres, quel lapsus!). Les enfants qui ne demandent qu'à être les co-acteurs de leur éducation se retrouvent souvent exclus du système ou bien le vivent très difficilement. De plus ils sont souvent taxés d'immaturité alors que ce peut être l'inverse.
C'est un vrai sujet de société qui dépasse de très loin le simple cadre de l'école qui fait ce qu'elle peut. Que signifie le maintien prolongé des jeunes en situation d'impuissance?(faire une petite plongée dans l'histoire pour savoir à quel âge on a pu devenir adulte suivant les époques et comparer avec aujourd'hui). Il faut bien reconnaître que la résolution d'un niveau éducatif élevé est difficile à combiner avec l'autonomie des jeunes.
10:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : éducation, école
26.06.2007
La salsa contre la violence
10:35 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : education, école
30.04.2007
Déontologie des carnets de correspondance
21:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.03.2007
Célestin FREINET
Le film de Daniel LOSSET "Le maître qui laissait les enfants rêver" retraçant la vie et le combat de Célestin FREINET a été diffusé le 29 Mars 2007 à 20h50 sur FR3. Impressionnant. Mis à part l'engagement "bolchévique" de Célestin FREINET abusé comme tant de personnes généreuses par le communisme à ses débuts, par le romantisme du communisme naissant, tout l'engagement de Célestin FREINET pour l'éducation d'enfants libres est encore d'une brulante actualité. Comment se fait-il que son expérience pédagogique si réussie se soit heurtée jusqu'à aujourd'hui, dans un premier temps aux idées brutales et militaires voire carcérales de l'extrême droite puis ensuite, par une farce de l'histoire, et encore de nos jours aux apparatchiks de l'éducation (syndicats rétrogrades compris). Comment se fait-il que le simple énoncé de bon sens de Claude Allègre: "mettre l'élève au centre du système éducatif" (expression que l'on entend dans la bouche de Célestin Freinet dans le film cité) a-t'il provoqué une telle levée de boucliers au sein du corps enseignant (au moins les voix qui se font entendre, car bon nombre d'enseignants aiment Freinet). La confusion entre écouter les enfants et leur obéir peut-être!? Quel manque de discernement et quel manque de confiance en soi pour ces enseignants grognons!
Un film à voir et à revoir pour tous ceux qui s'intéressent "Freinètiquement" à l'éducation, à l'école et aux jeunes et pas trop au dressage ni à l'embrigadement.
10:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation
22.01.2007
Faire le prof pour apprendre
Sans vouloir empiéter sur les plates bandes des spécialistes de pédagogie, voici une expérience qui m'a frappé. Alors que j'étais étudiant, je me souviens avoir fait du soutien scolaire à des élèves de seconde à terminale. Un fait a retenu mon attention: jamais au cours de mes études je ne m'étais souvenu avec autant de précision de ce que j'avais fait lors des séances précédentes. Le fait de me retrouver dans la situation du prof avait nettement accru mon attention.
Quand on est élève, il arrive très souvent, le plus souvent, que l'on recoive bien avant d'avoir eu la moindre question. L'offre précède de beaucoup la demande. On se retrouve de fait très souvent passif. Quand on est du côté du prof, on ne peut pas faire autrement que d'être acteur et ça change tout en ce qui concerne l'attention et l'intérêt porté à ce qu'on étudie.
Je me suis souvenu que quand j'étais dans les toutes petites classes, j'avais souvent terminé juste les claculs dans les premiers (sans me vanter ;-)). Le maître me demandait alors souvent d'aider un petit camarade un peu plus lent. Il me semble que ça fonctionnait très bien, et pour le petit camarade, et pour le maître qui se trouvait ainsi secondé, et pour moi qui tentais d'apprendre à apprendre.
Il me semble que dans de nombreuses situations les élèves pourraient être mis à contribution pour enseigner aux plus jeunes ou à ceux qui sont moins avancés ou moins spécialisés suivant les cas, sous le contrôle des enseignants, ce qu'ils commencent à maîtriser (je pense en particulier à la classe de CP qui est si importante pour l'avenir, puisque c'est l'année de l'apprentissage de la lecture). Rien de tel pour devenir un acteur et faire un pas vers l'école désadolescentée.
14:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : education
11.01.2007
Faire évoluer le Mamouth, pas le dégraisser.
C'est connu, plus un organisme est grand et plus il est difficile de le faire évoluer. Une très grande quantité de mécanismes de stabilisation se mettent en route dès qu'un changement apparaît. Décentraliser ou déconcentrer peut donc apparaître comme indispensable si on souhaite faire évoluer (ce qui est tout à fait différent de le "dégraisser") le mammouth vers... disons des éléphants.
15:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : éducation
07.01.2007
Le projet partagé ou le viol des consciences?
Le film « Les Choristes » voudrait-il démontrer que l'école sans projet c'est l'enfer, la violence, la prison, le sur place et qu'à l'inverse le projet entraîne (y compris dans une école aussi carcérale que celle du film) dans son mouvement vital et convertit à une discipline (adhésion) de fer ceux qui semblaient les plus rebelles? (Pour réflexion, une analyse très poussée, très au-delà du simple élément de rôle moteur apporté par un projet partagé utilisé dans cette note, et plutôt négative de ce film par Gérard Hernandez.)
Voici le plus bref et le plus percutant résumé éducatif que j'ai pu entendre :
« Les enfants, il faut rien mettre dedans .» ce qui s'entend aussi bien au sens propre qu'au figuré, ce qui donne force au sens figuré.
La discipline sans projet c'est vouloir mettre quelque chose dans les enfants alors que le projet, c'est vouloir faire partager une aventure, une expérience, sinon ce n'est pas un projet. Un projet est par essence partagé.
Tant d'enfants subissent depuis si longtemps dans tant d'écoles la discipline sans projet, tant qu'ils subissent cette discipline, nous la subissons aussi, ne les oublions pas. Quoi souhaiter de plus pour les élèves qu'on n' oublie pas le projet partagé à l'école?
10:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : éducation
22.12.2006
Pour des cartables moins lourds (coup de gueule).
Les cartables ou sacs scolaires pèsent un poids beaucoup plus élevé que dans le passé. C'est plus à l'avantage des éditeurs et peut-être des bobologues du dos que des élèves. L'inflation des livres est gigantesque. Il y a pourtant des collections qui proposent une année entière en un seul livre. Ils sont très bien faits et me semblent suffisants.
Par exemple pour la seconde le livre suivant:
Ca existe aussi pour les petites classes et, je crois, jusqu'à la terminale.
A changer tout le temps de livre sans vraiment ajouter au contenu, on n'y gagne...qu'en désorientation!
J'imagine que cette collection va servir pour enquiquiner les mômes pendant les vacances et venir en plus des autres bouquins et non à la place. On prend les paris?!
Parmi les solutions d'allègement des cartables, l'une d'entre elles a la faveur des éditeurs: disposer d'un deuxième jeu de livres à l'école! Génial non! Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est c..
17:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : education
18.12.2006
Syllabique ou globale?
Le débat fait rage. Je devrais dire le combat. Il ya aussi beaucoup d'informations. C'est encourageant parce que cela montre tout l'intérêt que l'on porte aux apprentissages fondamentaux, au "socle de connaissances" (Le coeur du rapport Thélot: ThelotSynthese.2.pdf).
Pour ma part, je n'ai pas de position bien arrêtée entre syllabique et globale: la pratique et l'efficacité font foi, du moment que les enfants puissent apprendre avec envie et plaisir et qu'on ne leur entre pas l'écriture et la lecture comme on gaverait une oie (ce qui est tout aussi ignoble)!
J'ai (je devrais dire j'avais) quand même une petite idée sur la question, puisque j'ai pratiqué, avec modération et attention, la méthode de Glenn Doman sur mes enfants. Au passage, ils sont plutôt bons, voire très bons en orthographe. Il se peut que la réussite de cette méthode repose sur une erreur foncière. En effet, toutes les études sérieuses semblent montrer que le cerveau ait besoin de décrypter les lettres pour lire APPORTS_DES_NEUROSCIENCES_ET_PEDAGOGIE_DU_LANGAGE_ECRIT.pdf. La partie du cerveau qui décode les images n'est pas mobilisée pendant la lecture, ce qui disqualifie définitivement la méthode globale. Toutefois, on ne peut nier que la méthode de Glenn Doman compte des résultats exceptionnels (voir le témoignage d'ARTHUR par exemple). Pourquoi cette méthode sans doute "fausse" peut-elle réussir?
Voilà mon idée. On peut noter le soin extrême apporté à la méthode que Glenn Doman a expérimentée dans le détail: la taille des lettres adaptée au développement du cerveau de l'enfant; ensuite, les mots sont choisis en fonction de la proximité des centres d'intérêt de l'enfant, tout ce qui le touche (nom de l'enfant, papa, maman, l'environnement proche, etc); puis au fur et à mesure de son évolution on élargit le champ. Introduction progressive des verbes et des mots de liaison; consolidation réelle et vérifiée de chacun des acquis (pour moi un des points les plus importants de la réussite de la méthode); attention très marquée à ne pas "fatiguer" les enfants (Dès le premier signe de lassitude, et même un peu avant si possible, on arrête la séance, créant ainsi les conditions de la demande de l'enfant pour la prochaine séance -c'est en effet tout le contraire de la méthode de gavage); encouragement marqué des éducateurs quand l'élève réussit (ça c'est comme le dressage en douceur, mais on est des animaux comme les autres non?). On peut aussi remarquer que cette méthode doit être pratiquée très tôt, et que dès que la maturité de l'enfant le permet on passe aux syllabes et aux lettres (c'est à dire en général vers 2 à 3 ans, mais c'est un point à juger sur pièce, inutile de croire qu'un enfant devrait faire 1m40 parcequ'il a 10 ans et qu'il ne fait qu'1m20. La vérité, c'est qu'il fait 1m20 et c'est tout) . Donc ce n'est pas une méthode pour les CP. C'est déjà beaucoup trop tard pour eux. En fécondant cette attention remarquable et les nouvelles connaissance sur le cerveau, on devrait arriver à une méthode excellente. C'est, à mon sens, une préoccupation essentielle, parce que c'est concrètement un des moyens de donner corps à notre pacte social de liberté (la liberté ne s'entend que si l'on est autonome et la connaissance c'est un élément essentiel de l'autonomie et de la mobilité vitale) d'égalité (égalité, autant que possible, des chances) et de fraternité (les "castes" n'ont aucun fondement dans notre esprit humaniste).
Une méthode synthétique nouvelle à base phonémique qui semble très intéressante: Léo et Léa
09:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : éducation
02.10.2006
Pédagogie inversée
D'habitude les profs considèrent, au moins officiellement, que les élèves vont comprendre ce qu'ils expliquent. Ils font donc beaucoup d'efforts pour celà. Une prof de latin d'un de mes enfants a une toute autre stratégie. Elle considère que ce n'est pas la peine d'expliquer quoi que ce soit, de toutes manières, les élèves n'y comprendraient rien (sans doute un affichage plus subtil qu'il y paraît, une façon d'éviter la situation de gavage habituelle et de s'appuyer sur les réactions de contradiction communes à l'âge où on va à l'école). He bien, elle n'a pas de plus mauvais résultats que les autres, et peut-être sont-ils même meilleurs! En effet, les élèves piqués au jeu ont une démarche active. Etonnant non?
08:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2006
Grammaire française en quatre pages
Voici, selon Célestin Freinet, comment on pourrait enseigner la grammaire "en quatre pages". Cet article est paru dans la "Brochures d'Education Nouvelle Populaire N°2 Octobre 1937" et est encore tellement d'actualité!
"La technique de travail traditionnelle est tout entière basée sur la leçon faite par le maître, étudiée ensuite dans le manuel, avec la plupart du temps des résumés appris par cœur et des devoirs d'application.C'est une méthode de travail. Elle a aujourd'hui fait ses preuves. On connaît les quelques avantages qu'elle présente : avec un minimum d'initiative et de don de soi, mécaniquement, en suivant les manuels, n'importe quel instituteur peut l'administrer, même sans faire le long apprentissage de l'Ecole Normale...
10:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












